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JACQUES PERCONTE

paysages, corps, couleurs, matières, vitesses en arts plastiques, en numérique.

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generative video

201408MIS-GEN1x1-oe?178

MISTRAL, RIBIÈRA

Champ sonore : Jacques Perconte

Producteur(s) : Communauté d'agglomération du Gard rhodanien

Film infini, compressions dansantes de données vidéo montées à la volée
Diffusion générative, dimensions variables
Xvid + Max/Jitter + Quicktime perian

L'infini d'un paysage hors du commun, une descente en canoë des gorges de l'Ardèche. L'image se loge dans une voûte en pierre dans un lieu sacré.

Le site internet du projet http://www.technart.net/mistrau/...
Le teaser : Mistral, Ribièra
Une vidéo-document de Mistral, Ribièra peut être consultée.
Quelques images de la pièce sur flickr → Mistral, Ribièra.
Toute l'histoire en images sur flickr:s : n°1, n°2.

Au Collège des Bernardins du 18/09/2014 au 12/10/2014, dans la revue A bras le Corps

Du 18 septembre au 12 octobre, Jacques Perconte expose Mistral, une pièce conçue pour la Sacristie du Collège des Bernardins, à partir d'images tournées dans le Gard. Mistral est une pièce générative qui introduit, par le biais d'un montage aléatoire, dans une matière filmique et plastique, un principe d'infinition. Elle a été pensée pour dialoguer avec son contexte de projection, et pour ouvrir en lui une temporalité et une dimension de rencontre singulière.

Ce projet fait écho à l’exposition Mistrau e aigo douço, La Puissance du vent et des eaux en Gard rhodanien, présenté au Prieuré Saint-Pierre de Pont-Saint-Esprit du 18 juillet au 10 octobre 2014.

Par ailleurs, dans le cadre des journées du Patrimoine, qui ont lieu les 20 et 21 septembre, Jacques Perconte proposera une conférence sur son travail et l'inscription de celui-ci dans l'espace architectural du Collège des Bernardins.

Par ailleurs, pour prolonger cette exposition, le séminaire Cinéma / Parole qui aura lieu le mois d'octobre sera consacré au travail de Jacques Perconte.

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par Zoé Noël, Carte Blanche à Jacques Perconte au Collège des Bernardins, catalogue de l'exposition à Pont-Saint-Esprit, juillet 2014

« Tu trouveras dans les forêts, ce que tu chercheras en vain dans les livres ; les bois et les rochers te diront ce qu’aucun maitre ne pourrait t’enseigner. 1»Saint Bernard de Clairvaux

Fondé en 1245 par Etienne de Lexington abbé de Clairvaux, le Collège des Bernardins est un témoignage de l’architecture et de la pensée cistercienne. Bien que bâtit en plein coeur de Paris, il a été pensé en lien avec la nature dans une construction ouverte à la lumière et établie en fonction de l’équilibre supposé du monde, comme un parachèvement de la création divine.

Inviter Jacques Perconte à prendre possession des murs, en lien avec le projet proposé pour le prieuré Saint-Pierre de Pont Saint-Esprit, était une façon de réunir symboliquement l’ordre cistercien et l’ordre de Cluny en montrant combien les deux lieux s’inscrivent dans un rapport particulier à leur environnement. Le prieuré de Pont Saint-Esprit qui s’ouvre sur le Rhône et le Collège des Bernardins qui prend racine dans la Bièvre cheminent tous deux vers une spiritualité ancrée dans un rapport fondamental au territoire qui les entoure.

Pour l’ancienne sacristie du Collège des Bernardins, l’artiste s’inscrit également dans la thématique des Journées Européennes du Patrimoine 2014, « Patrimoine culturel, patrimoine naturel». Jouant de cette relation entre le visible et l’invisible, entre la pierre et la terre, il ouvre une brèche dans les murs du Collège des Bernardins en projetant un film infini sur les paysages du Gard, réalisé à partir d’images montées aléatoirement selon un programme spécifique de dérèglements et de répétitions. Au fur et à mesure de sa progression, le film se modifie, les images s’étirent, se délitent ou se rétractent jusqu’à faire émerger une matière picturale lumineuse qui évolue et renait constamment de ses cendres.

Les motifs que l’on pensait connaitre – un arbre, un fleuve, un oiseau – deviennent matières, couleurs et rythmes. Alors que le réalisme de la chose montrée s’en trouve perturbé, l’image parait plus précise car elle redonne à voir les absences, les lissages ou les pertes du réel qui ont été nécessaires à sa captation. La « ress amissa2 », chose manquante, est rendue présente par la saturation, le débordement.

Faisant vibrer par l’image et le son ce mistral si cher au Sud de la France, il transforme les piliers du revestiaire en « forêt de symboles ». S’il est impossible de faire l’économie de sens d’une correspondance entre les souffles du vent et l’esprit qui anime les lieux, l’essentiel est d’abord une question de temporalité : rythmes visuels et sonores se répondent et forment un espace propice à la méditation. Le film infini se fait atemporel, témoignant de l’impossible paradoxe d’être à la fois dans le passé et dans le présent, et participe à extraire le visiteur de sa propre temporalité. La sacristie, espace des préparations précédant les célébrations liturgiques, retrouve sa fonction de lieu d’entre-deux mondes.

Le dispositif radical et minimal de Jacques Perconte renvoie à la fonction première de l’architecture cistercienne pensée pour «approcher le mystère dans l’humilité3 » mais la quête de l’artiste, son mystère, est d’abord celui de la perception. Il ne cherche pas nécessairement à voir au-delà du monde mais à comprendre les mécanismes qui structurent la vision et les outils de sa retransmission.

En cela il touche à l’essentiel.

1 Saint Bernard de Clairvaux in Tableau des Institutions et des moeurs de l’église au Moyen Age, particulièrement au 13eme siècle sous le règne du Pape Innocent III, Tome 2, Frédéric Hurter Paris, Debecourt 1843. Page 14
2 Georgio Caproni
3 Georges Duby , historien médiéviste, à propos de l’architecture cistercienne

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par Rodolphe Olcèse & Jérôme Alexandre, septembre 2014, séminaire de recherche Cinéma / Parole / Société / Recherche, catalogue de l'exposition au collège des Bernardins

Jacques Perconte descend dans la sacristie du vieux collège cistercien pour y proposer une expérience inédite, et montrer comment ce lieu communique avec un monde dont la richesse est inépuisable, par le mur même qui l’en sépare. C’est le monde de l’art, mais c’est le monde de la vie aussi bien. Les compétences technologiques incroyables qu’engage la pratique de Jacques Perconte se mettent ici au service d’une simplicité saisissante. Ses images aux milles couleurs éclatantes épousent une forme que le mur de la sacristie propose lui-même. Elles s’incrustent à même la pierre pour travailler avec elle à ce à quoi le bâtiment tout entier invite peut-être, une forme de lâcher prise devant l’élément technique, qui cesse d’être un empire pour se mettre au service d’une forme plus haute, laquelle engage d’elle-même des possibilités que nul, pas même son auteur, ne pourrait anticiper. Cette pièce surprend, elle nous donne quelque chose que nous ne pouvions pas attendre d’elle et que produit, au-delà des intentions plastiques de Jacques Perconte, la rencontre incroyable entre deux savoir-faire – pratique filmique et architecture — dont les résultats nous disent pareillement quelque chose comme « je vois » — « video » — et travaillent à entrainer notre regard à travers le leur. Réjouissons-nous de ne pouvoir faire le tour, pour nous en emparer, du jour sur lequel nos yeux peuvent ici s’ouvrir.

Mistral est en effet une pièce générative, qui fait se succéder des vues précises et concrètes du paysage du Gard captées depuis un canot qui descend l’Ardèche, à d’autres plus abstraites, à travers lesquelles des règles de fractures de l’image agissent aléatoirement pour produire un mouvement qui en droit n’a pas de fin. Jacques Perconte met ainsi en place un principe d’in-finition au coeur de son travail. Cela ne s’arrête jamais. Quelque chose derrière la paroi semble se prolonger, déborder de toutes parts. Le fleuve coule derrière le mur et la sacristie est elle-même emportée sur les eaux. Une manière de rappeler qu’elle est aussi une arche, dans son architecture comme dans le sens qu’elle véhicule pour ceux qui en vivent la mémoire et la destination.

Mistral est une oeuvre qui rejoint également le lieu où elle se déploie par la temporalité qu’elle engage. Les visiteurs doivent accepter qu’elle a commencé avant leur arrivée et qu’elle se poursuivra après leur départ, ce qui leur est sans doute habituel quand ils traversent un paysage, mais l’est moins quand leur sensibilité esthétique les fait venir aux expositions. « Le temps et l’espace sont entretissés », belle expression d’Abraham Heschel qui évoque le rituel juif comme une « architecture du temps » (Les bâtisseurs du temps). C’est peut-être le fond de toute aventure artistique véritable que de bâtir le temps à sa manière et d’y mettre en évidence, par-delà les démentis de l’histoire qui nous sont infligés quotidiennement, une hospitalité que nous ne pouvons creuser qu’à nous y abandonner.

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par Valerie Hasson-Benillouche, septembre 2014, catalogue de l'exposition au collège des Bernardins

Les oeuvres de Jacques Perconte parlent... Racontent l’Immensité, l’Infini du paysage, bruissent d’émotions. Elles nous happent par leur rythme aléatoire, leurs couleurs parfois sourdes et profondes, incandescentes et jaillissantes.

Face à elles, nous partons vers un univers inconnu de tous, notre regard se noit dans ses méandres, ses couleurs et ses matières. Les odeurs sont sous-jacentes. Il ne reste qu’à se laisser porter au grè du courant de l’eau et de l’air.

La maîtrise de la technologie par l’artiste s’efface pour laisser la liberté se répandre sous nos yeux telle une trace verte, rouge, avec cette pointe de jaune, un sillon bleu obscur ou un ciel délavé, balayé par des ombres « oisives » surprenantes.

Jacques Perconte nous livre son oxygène, ses rêves, ses espoirs de liberté au travers de ses expèriences artistiques parfaitement maîtrisées.

Accordons nous le temps de nous laisser aller vers d’autres contrées, d’autres cieux.

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par Valentina Peri, catalogue de l'exposition au collège des Bernardins

J’aime penser que dans les films génératifs de Jacques Perconte les données arrivent parfois à s’échapper du système binaire qui les définit. Sa technique basée sur la déconstruction des données numériques me pousse à imaginer ces informations se libérant des contraintes liées à la programmation et émergeant au hasard devant le spectateur, en quête de liberté.

Cette liberté est au centre du travail de Jacques Perconte, qui prend comme point de départ la nature, les paysages sauvages du Gard.

Détournées de leur apparence d’origine, ces images nous suggèrent que la réalité n’est pas figée, que la vérité n’est pas une seule, mais plurielle.

En alchimiste-explorateur, Jacques Perconte joue sur la compression, écrase ses fichiers et fouille ses données, afin d’en extraire une matière visuelle en puissance. Ce « côté caché » révèle la beauté et la force picturale de chaque instant filmé, tant par sa texture que ses couleurs.

L’oeuvre de Jacques Perconte se compose d’une matière filmique infinie qui arrive à surprendre le spectateur autant que son créateur par sa richesse visuelle à chaque fois renouvelée. L’incessant flux en transformation, crée une profusion de paysages et de mondes possibles.

En décidant de projeter ces images sur le fond d’une arcade de la sacristie du Collège des Bernardins, l’artiste nous invite à franchir cette barrière entre matière et forme, entre réel et imaginaire, afin de dépasser les limites de la surface.

Ce n’est que le début d’un long voyage dont Jacques Perconte nous montre le chemin. On suit le courant du fleuve dans la succession des images. On arrive à sentir les vibrations de l’expérience filmique, le frémissement des feuilles, un rayon de soleil, le vol d’un oiseau dans l’instabilité de l’image.

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par Pierre Berger, From Viola to Perconte, septembre 2014, diccan.com

The Collège des Bernardins, in Paris, with its high gothic vaults animated by catholic communication media, never fails to take you in pious feelings. Jacques Perconte's Mistral video takes off powerfully in such an ambient, projection mapped on the whole heigth (some 6 meters or more) and width of a wall in the sacristy.

Slow motion, semi-realistic huge images and meditative music (low synthetic drums and lapping of waterflows) remind us immediately The Crossing, by Bill Viola, shown in Paris this Spring. And the public has the same behavior: crossed legs sitting on the floor, and a meditative pose that stays up to 30 minutes, a very long time for any work of art (oher than cinema or live performance where you are stuck onto your seat until the end).

But nearly 20 years stand and the digitalization of video stand between the two works. Viola was a gifted craftsman in analog processing. Perconte makes a specific use of digital techniques, mainly harnessing the glitch effects of compression/decompression algorithms into a spectacularly impressionistic touch.

This version of the work stays within a comparatively static frame, with a somehow cyclic use of the effects. Cuts follow cuts, each developing during some two minutes then letting place the another one. Each cut tends to stard wit a semi-realistic view, progressively dissolving into abstract patterns. Since Perconte has in store some five hours of rough original filming, and can activate many kinds of transformations, the play could last indefinetly without ever looping on itself.

In contemplative mood spectators could stay there for hours. More actively geared spectators will after a moment wonder if the play has a definite timeline, and search for some kind of scenario to sustain their interest. That not what Perconte has chosen this time.

He could very well add this dimension to new versions of the work, along two tracks that he has explored in other works:
- organise the views into a scenario with a beginning, an end, and a travel between them, as inAprès le feu (2012, see our post (sorry,in French)),
- play it in live coding performance, as he did in Galerie Charlot last year (our post).

That lets open wide avenues to the creativity of this special, and as far as we know unique in the world, artist. But don't wait for new developments: go and sit in Bernardins sacristy, and enjoy!

Hi, Pierre. Thank's for your incredible enthusiam. You place me in such a lineage. Your title is the most flattering title given to a text about my oeuvre.

The work called Mistral is exactly 9,50 x 3,90 meters.

There are no drums nor any (stricly speaking) music. The sound track builds itself along with the film mounted, in front of our eyes. So, the musical loop duration is identical to the image loop. From time to time, a canoe, or the wind, trigger a thump that is felt as a drum. There are actually no other sound than coming from the Nature which was around us: waters, birds, dicadas, winds and oars.

As for rhythm, a long cyclical patch appeared during the opening's screening. But the sequences last from 20 seconds to around 20 minutes in this version (they can last several days in other works like Santa Maria Rocha for example).

Cuts can start in the strongest abastraction as well as in the simplest realism. What counts is the loop length, finally. If it is short, what is recognizable will disappear.

As it is a sort of meditation/film, there is no visible plot sructure. It is a call to calm, to let-it-go, to let meaning emerge from desire. I wanted this work to be free of narrative tensions. But it is impossible. So, the random mounting and cuts loops write sometimes, without intention, narrative forms. There, during some time (be it within a cut or a set of cuts), rhythm will raise, image will get more intense, sound will hold a tension. And this tension may be strong.

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par Amelie Blaustein Niddam Les infinis de jacques perconte au collège des bernardins, septembre 2014, toutelculture.com

Le cinéaste et vidéaste Jacques Perconte fait retentir le souffle du « Mistral » sur une lancette de l’ancienne sacristie. Il nous raconte : « je fais des films infinis, j’explore des images cassées, j’observe ce que la compression a d’intéressant ». Devant nous, des lignes, des arbres, de l’eau. Des couleurs chatoyantes. L’image est hachée, puis nette, le récit est absent, seulement amené par le chant des cigales incessant.

Nous sommes ici face à des boucles, parfois réduites à une seule image. L’oeuvre tourne sans fin et cela jusqu’à ce que l’on arrête l’ordinateur. Il y a ici cinq heures de film, dont chaque portion vous amène ailleurs.

La methode est passionnante. Il s’agit de magnifier les erreurs en les transformant en acte. Les accidents, ce qui se nommait rayures sur un vinyle, sont en vidéo une fragmentation ou un saut de l’image. Le résultat est apaisant, appelle à la contemplation et l’attente sereine.

Il dit « je n’arrive pas a me faire à l’idée que ce qu’on voit c’est ce qu’on a programme ». Il y a dans « Mistral », cette liberté informatique trés en vogue, que l’on a pu également voir à l’occasion du Mur, ce cabinet de curiosité dont le commissaire d’expo est une formule mathématique à Maison Rouge.

Le travail de Jacques Perconte est également visible à la Galerie Charlot et l’oeuvre Mistral, elle fait écho à l’exposition Mistrau e aigo douço, La Puissance du vent et des eaux en Gard rhodanien, projet initié par la Communauté d’agglomération du Gard rhodanien et présenté au Prieuré Saint-Pierre de Pont-Saint-Esprit du 18 juillet au 10 octobre 2014. [...]

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par Dauphine De Cambre, A l’avant garde : Jacques Perconte – Mistral – 2014, The Archemist, septembre 2014

C’est dans la haute sacristie du collège des Bernardins que Jacques Perconte a choisi de projeter son Mistral. Et l’endroit s’y prête. Parfaitement. Car Mistral nous raconte l’histoire du monde, de la création toujours répétée, toujours mutante, toujours en ébullition.

La vie, dans ce qu’elle a de plus lumineux, de plus sautillant, tranquille et malicieuse à la fois, riante, comme cette descente de l’Ardèche, un jour d’été, dans la fraîcheur de l’eau et des frondaisons. Du vert, du bleu, du jaune, … les couleurs primaires qui se mêlent se dissolvent tandis que le programme de captation vidéo glitche gentiment.

Et comme dans la musique électro, la magie opère, défragmentant les formes, métamorphosant les paysages, anamorphosant les sensations. Etonnant, ce voyage déborde le lit de la rivière pour nous entraîner dans l’histoire de la peinture, aplats au couteau ou pointillisme précieux, contours classiques, impressionisme chromatique.

Peindre avec des pixels ? Soudain les ogives de la salle s’éclairent d’une fresque éclante, d’un diptyque inattendu, d’un vitrail fait de mille nuances. Perconte n’aime pas les plans qui disent la suite, le cinéma dont il est issu dit trop cet avenir qui nous est en réalité impénétrable. Avec Mistral aux contours insoupçonnés et changeants, il anéantit l’aspect performatif de l’image, son caractère prédicatif pour nous ancrer dans l’instant, étincelle renouvelée de beauté.

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par Magalie Lesauvage, septembre 2014, exponaute.com

Filmant la nature qui l’entoure, Jacques Perconte en extrait des images mouvantes qu’il retravaille en les compressant à l’aide du numérique. Il dilate les couleurs jusqu’à faire émerger une matière picturale et lumineuse qui évolue et renait constamment sous différentes formes. Oscillant entre figuration et abstraction, ses paysages font échos à l’histoire de l’art (avec des références aux peintres impressionnistes et à tous les grands peintres de paysages) mais aussi à des questionnements plus fondamentaux sur les forces invisibles qui régissent les hommes et la nature. Il s’inscrit dans la thématique des journées du patrimoine, « Patrimoine culturel, patrimoine naturel » et propose d’ouvrir une brèche dans les murs de l’ancienne sacristie du Collège des Bernardins en projetant, sur une des arcades du fond de cet espace atypique, un film infini réalisé à partir d’images tournées dans le Gard et montées aléatoirement selon un programme de dérèglement et de répétitions spécifique. L’installation « Mistral » est une réflexion plastique autour du vent qui transforme l’ancienne sacristie en « forêt de symboles ». S’il est impossible de faire l’économie de sens d’une correspondance entre les souffles du vent et ceux qui animent les lieux de l’exposition, l’essentiel est d’abord chez Perconte une question de temporalité : Rythmes visuels et sonores se répondent et forment un espace propice à la méditation.

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par Pauline Lisowski, Mistral de Jacques Perconte : un film comme une peinture en mouvement, au Collège des Bernardins, Paris, septembre 2014, lecorridordelart.com

Jacques Perconte investit une alcôve de l'ancienne sacristie du Collège des Bernardins avec une projection vidéo monumentale. L'artiste cherche à donner à la technique numérique une dimension picturale. Il avoue : "Je développe un cinéma simple et merveilleux. je repeins le monde en bricolant avec la technologie. Je fais de la peinture en mouvement." Son film Mistral dévoile les paysages du Gard. Les images défilent progressivement, cachant et dévoilant la pierre et la terre. Installée dans un coin, l'œuvre prend tout l'espace. Elle s'appuie autant sur l'architecture qu'elle la redessine. Jacques Perconte fait ainsi entrer la nature à l'intérieur et la bande son qui l'accompagne crée un paysage sonore ; et, là, relève sa puissance.

Au fur et à mesure, les images captées se dilatent pour laisser place à des sortes de peintures en mouvement. Rythmes visuel et sonores se rejoignent. Ce qui fait naître un espace-temps qui permet l'isolement. L’œuvre invite le spectateur à contempler des images en mouvement très lent. Elle fait également écho à un vitrail qui s'animerait sous nos yeux. Le défilement des images de couleurs vives implique une expérience temporelle.

Ce projet est en relation avec l'exposition Mistrau e aigo douço, La Puissance du vent et des eaux en Gard rhodanien, un projet initié par la Communauté d'agglomération éponyme et présenté au Prieuré Saint-Pierre de Pont-Saint-Esprit jusqu'au 10 octobre 2014.

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par Isabelle Francq, octobre 2014 la vie.fr

C’est à un bien beau voyage que nous convie le vidéaste Jacques Perconte. Sur la pierre couronnée d’ogives cisterciennes de la sacristie du Collège des Bernardins, on peut voir la descente de l’Ardèche, qu’il a filmée à bord d’un canot. La nature apparaît sur le mur au travers d’images classiques, voire banales, qui peu à peu se désagrègent et se recomposent dans un jeu de couleurs, de formes, de matières et de rythmes d’une saisissante beauté. Et c’est comme si le mouvement de la peinture, du réalisme au non figuratif, en passant par l’impressionnisme, se jouait sous nos yeux. De la nature, nous voici renvoyés à la culture, au va-et-vient de nos projections personnelles de l’une sur l’autre, et réciproquement. Finalement, c’est à soi-même que chacun est renvoyé. À un moment de contemplation qui semble repousser les limites de l’espace et redéfinir la notion du temps. Obtenu par un montage d’images aléatoire, jouant avec les algorithmes et leur dérèglement, voici un festival d’images en mouvement d’une singulière beauté. Une expérience similaire est aussi à vivre actuellement au prieuré de Pont-Saint-Esprit (30).

Cette pièce fait partie d'une série. La plupart du temps une série s'attache à un paysage, à une région. Il y a une certaine unité géographique.
MISTRAU E AIGO DOUÇO

ARDÈCHE,
SANS TITRE N°2

2014

 GENERATIVE VIDEO 

RHÔNE

2014

 GENERATIVE VIDEO 

ARDÈCHE,
SANS TITRE N°1

2014

 GENERATIVE VIDEO 

MISTRAL NUAGES,
SAINT-MARTIN D'ARDÈCHE

2014

 IMPRESSION 

CÈZE

2014

 GENERATIVE VIDEO 

* Il se peut qu'il y ait un mot de passe si le film n'est pas est encore fini ou en "exploitation", écrivez-moi, on ne sait jamais, je vous le passerai peut-être ;).
** Il me semble toujours utile de rappeler que ces images, ces vidéos, ces sons que vous trouvez ici sont des documents. Il exposent ce que les pièces représentent. Mais ils ne donnent pas accès à sa véritable expérience. Rien ne vaut, si elle vous plaisent, leur découverte in situ, en salle ou en exposition.

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