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JACQUES PERCONTE

paysages, corps, couleurs, matières, vitesses en arts plastiques, en numérique.

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film

199909PRO-FLM1xN-oe?114

PROMENADE

Musique : Christophe Olivier

DV, fichier numérique

Promenade c’est trois petits espaces. Un de une minute puis un de deux et un de trois. Trois moments entrecoupés de vide et de plein qui explosent l’objet pour le réunifier dans sa totalité.

Le site internet du projet http://www.technart.net/promenade/...
Une vidéo-document de promenade peut être consultée.
Quelques images de la pièce sur flickr → promenade.
Toute l'histoire en images sur flickr: : n°1.

|Première. (vert)

Il fait presque nuit. Elle est au pied de la dune de Pyla et commence à l'escalader par une face moins abrupte que celle réservée aux touristes. Elle monte doucement et se prend au vent. Il souffle assez fort, se saisit de ces cheveux, les emporte dans sa solitude. La dune est presque déserte. Elle marche quelques instants à son sommet puis suit une crête de sable vers la descente, se dirigeant vers la plage. Elle fait maintenant face au soleil, qui lui embrasse le visage puis le corps tout entier, poussant les teintes sombres dans son dos et les projetant sur le sable. Elle court vers l'eau, se défait des ses chaussures et baigne ses pieds le long du coucher de soleil. Elle disparaît doucement.

|Seconde. (rouge)
Bordeaux, sur les quais. Il y a assez peu de voitures, il est très tard. Il pleut. Elle marche toute seule, doucement le long de ces routes ouvertes à la pénombre. Elle regarde ce qui l'entoure, laisse sa main glisser sur ces matières, se promène sans but parmi ces éléments. La matière se fond doucement dans la peinture. Elle rentre dans l'image. Elle me regarde la filmer, elle se laisse guider simplement jusqu'à ce que je lui dise que c'est fini et que c'était très bien.

|Troisième. (bleu)
Au bord de la mer, pas très loin de là où ont commencé les promenades, on se balade et on discute. Tout est lisse et doux, gris et bleu dans ces images de douceur et de jeu. cinéma.


| ! N + 3 N + ! 0 N 5 |

Passage d'une pratique formelle à une représentation narrative. De la peinture au cinéma vers le cinéma peint. je suis revenu à une approche plus cinématographique de la représentation en pensant que cela serait plus pertinent. On se baladait dans l'image en se perdant dans les formes et les couleurs, maintenant on va se promener dans ces représentations mentales plus complexes et se laisser aller à rêver en prenant le temps.

H!5+0!r3 d3.

Se déplacer doucement çà et là. Promener les yeux, le regard sur quelqu'un. Occuper des espaces aussi picturaux que communs sans se demander pourquoi, juste histoire de prendre un peu de temps avec soi.

Un m0M3n+ pouR,

En se prenant dans ces promenades, on va se rapprocher d'images que l'on aurait très facilement pu faire, rien n'est compliqué si ce n'est le traitement même s'il reste du bricolage (qui est le mien, cela aurait très bien pu être celui de quelqu'un d'autre avec une autre sensibilité toute aussi valable), ce n'est qu'une question de fibre sensible. On va se baigner dans des images-rêves qui se simplifient au fur et à mesure pour laisser de plus en plus de place à ce que l'on voit au-delà de toute signification subjective, on se rapproche du cinéma, on se laisse glisser.

M4!nt3N@n+.

Le temps va se figer à l'image mais pas dans sa perception, il se déploie et s'ouvre vers l'intérieur, c'est le spectateur qui se promène sur mes chemins.

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* n corps - (1996 v1-www, 1997 v1.2-beta sp / www, 1998 v2.0-beta sp / installation /www, v3-www / installation) - technart.net /art3000 - recherches fragmentaires sur la profondeur de temps. Du corps plastique au modèle, de sa représentation à sa perception. (->)->)->)

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p455é|

A l'initial, les promenades étaient les conséquences de mes lectures, des idées qui semblaient émerger de mon inconscient comme des besoins absolus, je me suis donc mis à les écrire.
Elles étaient des questionnements existentialistes qui il y a cinq ans pouvaient être justifiés, mais qui après quelques années auraient plutôt tendance à me faire rire par leur manque de maturité.

Ce que je voulais faire, c'était dire, mais je ne comprenais pas vraiment le pourquoi de ce que j'avais l'intention de dire ce qui rendait difficile une mise en images.

4pr3s C0uP,

J'ai mis un long moment à me rendre compte que j'étais en train d'écrire à nouveau des promenades, je ne pensais plus au temps que j'avais passé à réfléchir autour de ce mode de déplacement simple.

(PH4z III)

Maintenant rien n'a changé, sauf moi. Ce que je dis, je le dis avec mon expérience de plasticien (et de personne), et mes mots deviennent des images, mes questions deviennent des réponses et tout cela se noue dans la douceur ou la douleur, c'est à chacun de savoir ce qu'il a envie de voir.

@liné4

* ces balades parce qu'elles elles ne racontent rien il faut quand même voir qu'en même temps elles pensent à tout. Elles prennent leur temps et le notre, mais ce n'est que douze petites minutes, et je pense que l'on ne se promène jamais aussi peu de temps.

F4c!l!t3 !

Mais rien n'est plus simple que de se laisser emporter, il n'y a pas à réfléchir maintenant, il n'y à qu'à lire.

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Promenade c'est trois petits espaces. Un de une minute puis un de deux et un de trois. Trois moments entrecoupés de vide et de plein qui explosent l'objet pour le réunifier dans sa totalité.


Ils se passent de façon, très calme, il est juste question de se promener et de faire des images aussi simples que possible. On se balade et on prend le temps de penser la situation que l'on va figer sur le support durant l'enregistrement. Il n'est pas question de trop penser ce qui va être exécuté. Mais il faut quand même bien en discuter afin que les personnages sachent où ils sont et ce qu'ils s'apprêtent à faire. Les trois petites balades sont trois approches de trois personnes très différentes. Ces tournages ne doivent pas refléter autre chose que ce qu'ils ont été. On travaille dans la plus grande discrétion ou la forme émerge petit à petit et ou l'on prend le temps de regarder, de réécrire, de peindre et de se laisser aller. La dernière des trois promenades a été la plus 'mature' son exécution ne ressemblait (un peu plus que la première) à une petite balade au bord de l'eau. La seconde était un petit peu plus sérieuse et posée, mais c'est moi qui l'avait voulu. Je n'ai fait que marcher et regarder à travers une caméra ou un appareil photo, j'ai pensé des images, je les ai capturées, mais ce ne sont pas celles que j'ai utilisées finalement, c'est ce qui c'est passé à côté de tout ça qui ressort vraiment dans ces petits films.

par Jérôme Meynardie, le 20 mai 2011

Jacques Perconte nous entraîne à la suite d’une silhouette qui peu à peu va s’incarner pour prendre la forme définitive d’une jeune femme. Découpé en trois tableaux de durées et de vitesses différentes, « promenade » nous immerge d’entrée dans une atmosphère nocturne, dense puis dans des univers tour à tour, confines, fébriles et pour finir contemplatifs ; chacun baigne d’une lumière et d’une ambiance propre. Seule nuance, des plans intermédiaires, sur un ciel obscur où une lune s’extrait progressivement des nuages qui la masquent. Le tout scande par des rythmes répétitifs. Venue à la lumière, venue au jour, on songe bien sûr à la naissance et au passage de la vie. Impression que ne fait que confirmer un final apaise face à l’océan.

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par Guillaume Colboc, le 08 décembre 1999

Se promener. Prendre son temps. Voilà ce que Jacques Perconte nous offre avec promenade, son court métrage. Il nous offre du temps. Le temps de prendre conscience de l’instant présent. Construit comme un triptyque, ces trois promenades nous emmènent dans trois univers différents où les couleurs et les sons apparaissent, disparaissent et se mélangent. Jacques nous force à rentrer dans son univers, et a prendre le temps. Le temps d’observer ces trois femmes qui se promènent dans notre vie : plus le film se déroule et plus les formes et les sons se simplifient. Nous avançons dans le film de la même manière qu’il nous est difficile d’aller nous promener. D’abord un peu réticent d’y aller, nous finissons par ne plus vouloir en sortir: La difficulté avec laquelle nous allons nous promener n’a d’égal que la peine que nous avons à la terminer. Ainsi, la première promenade est sombre et nous torture l’esprit. La seconde se laisse plus facilement apprécier et la dernière enfin nous envahi de bonheur et de soulagement : Le jour s’est levé et une belle femme se balade sans soucis, dans un univers tant familier et paisible, la mer. A l’image d’une balade, ce film se déroule lentement. Une lenteur entrecoupé par un ciel nuageux, que le soleil à du mal à percer. Un ciel qui nous ramène peut être à la réalité : une réalité sombre et mystérieuse. Ce court métrage très recherché serait presque comme une peinture, devant laquelle nous pourrions rester éternellement à apprécier et observer chaque ‟ coup de pinceaux ”.

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par Jean-Philippe Halgand, le 12 octobre 1999



Durant quelques onze minutes quarante-cinq, Jacques Perconte nous entraîne à la suite d’une silhouette qui peu à peu va s’incarner pour prendre la forme définitive d’une jeune femme. Découpé en trois tableaux de durées et de vitesses différentes, “promenade” nous immerge d’entrée dans une atmosphère nocturne, dense puis dans des univers tour à tour, confines, fébriles et pour finir contemplatifs ; chacun baigne d’une lumière et d’une ambiance propre. Seule nuance, des plans intermédiaires, sur un ciel obscur où une lune s’extrait progressivement des nuages qui la masquent. Le tout scande par des rythmes répétitifs. Venue à la lumière, venue au jour, on songe bien sur à la naissance et au passage de la vie. Impression que ne fait que confirmer un final apaise face à l’océan.

Diffusions, expositions (beta) :

  • 2001 : Re.projects, Londres, Grande-Bretagne
  • 2001 : PARADOXAL #01 @ Centre Jean Vigo, Bordeaux, France
  • 2001 : Aller-retour, itinerant exhibition, Bordeaux and Nantes, France
  • 1999 : promenade au Ciné-club, la 36ème chambre, Talence, France
  • 1999 : Tourner en numérique, Festival du Film de Sarlat, Sarlat, France
  • 1999 : promenade, première à l'Opus café, Bordeaux
  • 1999 : Festival du Film de Luchon, Luchon, France
  • * Il se peut qu'il y ait un mot de passe si le film n'est pas est encore fini ou en "exploitation", écrivez-moi, on ne sait jamais, je vous le passerai peut-être ;).
    ** Il me semble toujours utile de rappeler que ces images, ces vidéos, ces sons que vous trouvez ici sont des documents. Il exposent ce que les pièces représentent. Mais ils ne donnent pas accès à sa véritable expérience. Rien ne vaut, si elle vous plaisent, leur découverte in situ, en salle ou en exposition.

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