2026 (2026-2026), impression
impressions numériques, dimensions multiples
compressions dansantes de données vidéo détaillées à la main,
jet d'encre sur papier Photo Rag® Hahnemühle 308gr, 360 dpi,
encadrement en bois de chêne du pays de Caux
Distribution
Galeries/Musées
Impressions: Tony Nathan, Atelier Oppa, Rotterdam
Encadrements : Nicolas André, Offranville
Exposition : À fleur de forêt, Musée Michel Ciry, Varengeville-sur-Mer, du 16 mai au 1er novembre 2026, dans le cadre de Normandie Impressionniste 2026
Commissariat : Aurélie Giraud, directrice du Musée Michel Ciry
Montage de l'exposition : Étienne David, Laurent Le Penru, Romain Blois
Réalisé avec le soutien du Musée Michel Ciry, de Normandie Impressionniste 2026, du Mondriaan Fonds et de la Galerie Charlot
Tout ce que vos yeux reçoivent ici est filmé, pas photographié. Ce que ces images contiennent, c'est le temps qui s'écoule devant la caméra. Mon regard se pose, naturellement, aux lisières de ce que je vois. Là où le jardin s'arrête et où commence la nature.
Ces images sont uniques. Elles sont fabriquées à partir de vidéos spécialement préparées pour cela. Ces vidéos ont l'étrange particularité de produire de nouvelles images lorsqu'on les manipule. En les lisant, en naviguant d'un endroit à un autre, les couleurs et les formes fusionnent, rendant impossible la reproduction deux fois de la même image. Chaque image est ainsi le résultat de ce qui a pu se passer depuis le début de la manipulation, de chacun de mes choix, de chacune des images préalablement fabriquées. Je capture régulièrement, au fil des sessions d'exploration, des moments particuliers. Ensuite je construis la collection.
Chacune de ces vidéos est une machine, et chaque machine donne une série. Les images sont fabriquées dans l'exacte résolution de leur impression, 360 points par pouce. Leurs dimensions en centimètres correspondent à la quantité de pixels qui les composent. Il n'y a pas de jeu d'agrandissement ni de réduction. La taille d'une série est donc celle de sa machine.
Trente-trois images, issues de douze machines, sont présentées au Musée Michel Ciry. AV20F_i00048 est la plus représentée, avec neuf images capturées entre le 11 janvier et le 2 février 2026, en 36.52 × 29.97 cm. BV20F_i00048 partage ce format, avec une image du 13 janvier. CV20F_i00108, CV20F_i00021 et Gx20F_i0108 produisent des images de 54.0 × 44.32 cm : une image du 12 janvier pour la première, deux du 16 janvier pour la deuxième, deux des 2 et 3 février pour la troisième. MFA090_FF_Mx, MFA092_FF018 et MFA090_FF_999 donnent le format 44.93 × 38.95 cm, avec une image du 18 janvier, quatre des 6 et 7 février, et une du 22 février. M12_4832 donne une image de 34.09 × 30.48 cm, le 7 février. M4_048_108 en donne quatre de 44.14 × 30.48 cm, le 8 février. M34_FF_108_999 en donne trois de 60.96 × 45.83 cm, les 15 et 16 février. MF52_108i324, enfin, en donne quatre de 50.69 × 36.69 cm, le 28 février.
Au tirage, je ne vais pas chercher à reproduire exactement ce que j'ai dans l'image. Il est impossible de comparer une image sur un écran qui émet de la lumière à une image sur un papier couvert de diverses épaisseurs d'encres qui la réfléchit. Il m'a fallu de nombreuses années d'expérimentations et de collaborations avant de trouver, avec l'Atelier Oppa à Rotterdam, les ouvertures techniques que je recherchais depuis longtemps. Sur le papier naît ainsi une nouvelle image en écho, une image plus flamboyante faite pour accueillir toute la lumière et la renvoyer modulée dans nos yeux.
Cette collection est immense, car je tiens à ce que chaque image reste unique. Elle n'est imprimée qu'une seule fois. Elle est aussi simplement immense parce que c'est une recherche. Il y a une manière assez particulière de s'aventurer dans toutes ces images : c'est avec son cœur.
Everything your eyes receive here is filmed, not photographed. What these images contain is the time passing in front of the camera. My gaze naturally settles on the edges of what I see. Where the garden ends and nature begins.
These images are unique. They are made from videos specially prepared for this purpose. These videos have the strange ability to produce new images when they are handled. As I play them, moving from one point to another, colours and forms merge, making it impossible to reproduce the same image twice. Each image is thus the result of everything that has happened since the handling began, of each of my choices, of each of the images made before it. Over the course of these exploration sessions, I regularly capture particular moments. Then I build the collection.
Each of these videos is a machine, and each machine gives rise to a series. The images are made at the exact resolution of their printing, 360 dots per inch. Their dimensions in centimetres correspond to the number of pixels that compose them. There is no enlargement and no reduction. The size of a series is therefore the size of its machine.
Thirty-three images, from twelve machines, are shown at the Musée Michel Ciry. AV20F_i00048 is the most represented, with nine images captured between 11 January and 2 February 2026, at 36.52 × 29.97 cm. BV20F_i00048 shares this format, with one image from 13 January. CV20F_i00108, CV20F_i00021 and Gx20F_i0108 produce images of 54.0 × 44.32 cm: one image from 12 January for the first, two from 16 January for the second, two from 2 and 3 February for the third. MFA090_FF_Mx, MFA092_FF018 and MFA090_FF_999 give the 44.93 × 38.95 cm format, with one image from 18 January, four from 6 and 7 February, and one from 22 February. M12_4832 gives one image of 34.09 × 30.48 cm, on 7 February. M4_048_108 gives four of 44.14 × 30.48 cm, on 8 February. M34_FF_108_999 gives three of 60.96 × 45.83 cm, on 15 and 16 February. Finally, MF52_108i324 gives four of 50.69 × 36.69 cm, on 28 February.
When printing, I do not try to reproduce exactly what I have in the image. It is impossible to compare an image on a screen, which emits light, with an image on paper covered with varying thicknesses of ink, which reflects it. It took me many years of experiments and collaborations to find, with Atelier Oppa in Rotterdam, the technical openings I had long been looking for. On the paper a new image is born as an echo, a more flamboyant image, made to welcome all the light and send it back, modulated, into our eyes.
This collection is immense, because I want each image to remain unique. It is printed only once. It is also immense simply because it is a research. There is a rather particular way of venturing into all these images: with one's heart.
Vibrations, lumière, Jacques
Je m'appelle Jacques Perconte. Mon exposition À fleur de forêt est présentée au Musée Michel Ciry, à Varengeville-sur-Mer, comme l'un des moments forts du festival Normandie Impressionniste.
J'y présente plusieurs séries d'impressions numériques sur papier ainsi qu'un triptyque vidéo. Les œuvres réunies ici sont nées d'une résidence commencée en juin 2025. Je suis venu filmer ce territoire au printemps, puis à l'automne.
Varengeville-sur-Mer est connue pour la passion des jardins qui s'y est développée. Depuis longtemps, la botanique y nourrit de nombreux amours. Mais ce n'est pas en naturaliste que je vois ce qui m'entoure. Dans mon travail comme dans ma vie, j'essaie d'échapper à un rapport trop pensé au monde.
Mon regard se pose naturellement aux lisières de ce que je vois, là où le jardin s'arrête et où commence la nature. Je suis saisi par ces endroits qui s'efforcent d'effacer la limite entre l'ordre des choses domestiquées et les bois vibrants du chaos vivant, à travers lesquels ondulent des percées de lumière où, de temps en temps, la mer apparaît.
Pour moi, la Normandie, et plus particulièrement cette partie du littoral que j'aime de plus en plus, est cette confrontation soudaine entre l'aplat marin et la terre qui surgit verticale. Elle semble forte dans ses falaises qui s'élèvent à plus de quatre-vingts mètres au-dessus des vagues, et où se tiennent, fiers, à Varengeville, des arbres et des bois magnifiques.
Mais ces parois calcaires sont fragiles, et les effondrements se succèdent. La clarté de la roche striée de silex glisse dans l'eau. Les verts et les bleus peints par le ciel deviennent laiteux, démultipliant à l'infini les variations de couleurs, peut-être encore plus qu'ailleurs.
Ces bois sont incroyables. Ils regorgent d'arbres centenaires. C'est dans leurs corps, qui protègent du vent, qu'ont été dessinés, au fil des décennies, ces jardins remarquables.
Ce que cette exposition raconte, c'est le voyage merveilleux que chacun, je l'espère, peut faire. Elle ne commente pas ce que j'ai vu. Elle ne montre pas seulement ce que j'ai pu ressentir. Elle propose des images d'ici comme des fenêtres, comme des miroirs, pour laisser agir cette magie qui opère à travers la vision. Une magie où le corps de l'image devient lui-même une vibration de l'univers.
On peut peut-être percevoir ici ce moment où la lumière traverse la matière.
Toutes les images que vos yeux recevront ici sont filmées, et non photographiées. Ce qu'elles contiennent, c'est le temps qui s'écoule devant la caméra.
Ce temps paraît évident face aux écrans : on suit le mouvement de la lumière, on voit les couleurs osciller, les arbres danser, les insectes et les oiseaux passer. Il est moins évident de discerner que ce temps est aussi présent dans les impressions.
Ces images vidéo imprimées peuvent être troublantes parce qu'elles donnent très vite le sentiment d'une matière. On peut croire à de la peinture. Pourtant, on ne distingue aucun relief à leur surface. Elles sont très plates. Elles peuvent aussi troubler parce que, vues de très près, elles révèlent un monde qui semble mathématique, où les figures deviennent géométriques. Et si l'on reconnaît les traces des machines numériques, c'est pourtant une impression chaotique et vivante qui se dégage de l'image.
C'est là tout l'enjeu de mon travail.
J'explore et réinvente les mêmes techniques depuis plus de vingt-cinq ans. Le numérique n'est pas immatériel. Je ne travaille pas comme un ingénieur, mais comme un cuisinier. Je cherche le chemin, en bricolant par la pratique du cinéma, de la vidéo et de l'informatique, pour trouver au cœur de mon médium une manière de faire qui libère les images des machines, et par là d'une certaine dimension de l'influence des hommes.
Profondément froides la plupart du temps, comme beaucoup de choses que nous inventons, les images sont, je le crois malheureusement, de plus en plus souvent faites pour nous éloigner de la nature. Je crois qu'elles ne doivent pas remplacer ce que nous détruisons. Elles ne doivent pas nous séparer encore davantage du vivant. Elles ne doivent plus être là pour nous faire croire.
Je les aime et les désire comme essentielles au sein d'une mécanique de résilience, comme un retour à l'instant et à notre pleine présence.
Cette exposition est une invitation à l'émerveillement, une précieuse plongée dans les vibrations de la lumière en millions de couleurs, dans la douceur, où chaque cœur qui a travaillé à sa fabrication a vraiment donné son meilleur.
À ma manière, je jardine les images pour offrir à toutes et à tous un endroit de bonheur, à la bonne heure, que j'espère profondément accueillant et vibrant de mon amour sincère.
Ode à un territoire familier, Duhornay, Clémence
Normandie : les meilleures expositions à voir en août, de Rouen à Honfleur, Morel, Guillaume
Les paysages imaginaires de Jacques Perconte, Bunel, Maryse
Images en mouvement, Robin, Fanny
À fleur de forêt, musée michel ciry, Vati, Erika
La nature, c'est une force qui est simplement là" : Jacques Perconte, l’artiste qui filme la nature comme une force vivante en Normandie, Moiroud-Musillo, Marc
Le sacre du printemps, Bohan, Maud
Entretien avec Jacques Perconte, Bunel, Maryse
Ode à un territoire familier, Duhornay, Clémence
Ode à un territoire familier, Duhornay, Clémence
Cette pièce fait partie d'une série. La plupart du temps une série s'attache à un paysage, à une région. Il y a une certaine unité géographique.
Certains droits réservés, Jacques Perconte © et les producteurs mentionnés
Mais partagé avec amour.
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