paysages, corps, couleurs, matières, vitesses en arts plastiques, en numérique.
2025 (), impression
compressions dansantes de données vidéo détaillées à la main
870x1080mm, impression numérique 1:1 360dpi
jet d'encre sur papier Photo Rag® hahnemühle 308gr
Distribution
Galeries/Musées
Monte Bianco, Monte d’Oro interroge la matérialité de l’image numérique à partir de vus du massif du Mont-Blanc. Chaque tirage juxtapose, sur une seule surface, deux états d’une trame : d’un côté, une vue volontairement altérée par la compression vidéo, où les artefacts révèlent les infrastructures de l'image ; de l’autre, la même vue sur-dimensionnée par une procédure de super-résolution neuronale qui tente d’effacer ces cicatrices. L’ensemble, porté à près de 189 Mpx, transforme le moindre fragment chromatique en topographie potentielle — un éclat bleu devient un vallon, une trace ocre, une arête. Le projet met en tension deux régimes techniques antagonistes : celui qui exhibe la faille et celui qui la lisse, démontrant que la logique réparatrice de l’IA laisse subsister un « bruit » où affleurent les conditions mêmes de la représentation.
Cette pièce révèle un jeu technique singulier où se mêlent compression vidéo et super-résolution algorithmique. Comme la plupart du temps, ce jeu permet de libérer une poésie dans les images qui s’affranchissant du poids des standards, s’envolent dans nos yeux.
Des images en ultra-haute définition de la montagne sont soumises à des processus de compression vidéo. Cela génère une rencontre fascinante entre les artefacts visuels produits par la dégradation numérique et les structures géologiques de la roche. La montagne demeure perceptible tout en se dissolvant dans un nuage de formes abstraites, créant une persistance visuelle paradoxale.
Dans la continuité de recherches sur les super-résolutions (agrandissement par intelligence artificielle), mon écriture plastique du signal se confronte ici aux algorithmes d’amélioration qualitatifs lors d’une ultime opération d’agrandissement qui pousse les résolutions près de 200 millions de pixels.
Dans cette opération, les modèles analysent les informations textuelles associées au contenu de l’image pour reconstituer vectoriellement ce que le processus créatif a volontairement fait disparaître. Un algorithme industriel standard d’agrandissement est paramétré de manière à circonscrire précisément l’espace de recherche des formes à un paysage de montagne, permettant une complétion ciblée des zones dégradées. Cette tension productive entre intention plastique et reconstruction automatisée guidée par des descriptions linguistiques contraint l’algorithme à retrouver, dans le bruit et les artefacts visuels, les éléments texturés de rocher et de glace d’une montagne devenue illisible, transformée en un vaste all-over minéral qui occupe l’intégralité de la surface picturale.
Les résultats sont sensiblement tous similaires. La démultiplication des variations par la diversification des images sources — éléments d’une série fabriquée pour cette pièce — ne produit pas en écho une grande diversité de résultats. C’est la combinaison de l’image originelle et de son agrandissement qui, dans une fusion arbitraire, met en perspective ces deux mondes.
Cette pièce fait partie d'une série. La plupart du temps une série s'attache à un paysage, à une région. Il y a une certaine unité géographique.
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